A Châlons-en-Champagne, un jeune Malien se tue en se jetant du 8e étage d’un foyer d’accueil

Denko Sissoko s'est suicidé ce vendredi 6 janvier en se jetant du 8e étage d'un foyer d’accueil à Châlons-en-Champagne. Selon Réseau éducation sans frontières, le jeune homme était arrivé en France en octobre dernier en passant par la Syrie et l'Italie. D'après le Département, il s'était présenté début novembre au commissariat de police de Reims affirmant être mineur. Il a d'abord été accueilli au « foyer de l'enfance », avant d'être admis à celui de « Bellevue ».

Les services départementaux avaient des suspicions sur l'âge (16 ans) qu'il avait donné. Une procédure de vérification de ses papiers était en cours.

« Maltraités, suspectés, dénigrés », ce drame met en lumière la tragédie que vivent ces jeunes étrangers livrés au tamis de l’évaluation et de la pression institutionnelle...

Ce sont des enfants qui ont fui un pays dans lequel ils n’avaient pas d’avenir dans l'espoir de vivre en sécurité ici au terme d’un voyage difficile. Ils auront au contraire grossi le nombre des victimes innocentes d'une politique migratoire inhumaine orchestrée par les institutions de notre continent.

Il a attendu plus d'un an en Italie de réunir l’argent nécessaire pour rejoindre la France. C’était son vœu. Hélas, après deux mois et demi à Châlons, les services de la protection de l’enfance n'ont pas accepté de le prendre en charge. Il l’avait appris la veille. Ne sachant pas où aller, il n’aurait pas voulu quitter le foyer. Dans ces cas-là, la police est sollicitée…

Ses camarades sont formels : Denko n’était pas malade, ni drogué, ni fou. Son geste n’est pas celui d’un dépressif. Ce n’était pas non plus un criminel, ni un malfrat, il n’avait rien à se reprocher. Il s’est jeté parce que, comme un jeune de 16 ans, moralement très structuré et qui a, en outre, assimilé l’impératif et la mission de réussir en France, il n’aurait pas supporté l’idée humiliante qu’on vienne l’arrêter et le mettre en prison.

L’heure est à la peine pour tous ces jeunes venus d’ailleurs qui ont assisté au drame, et nous partageons leur deuil.

Une marche silencieuse, organisée par RESF, partira du conseil départemental de la Marne, rue Carnot, à 15 heures ce mercredi 11 janvier.

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