Biodiversité : Il y a aujourd’hui deux fois moins d’animaux sur Terre qu’il y a 40 ans !

Plus de la moitié des vertébrés ont disparu en moins de 40 ans... C'est le constat alarmant que dresse le WWF (World Wildlife Fund) dans son dernier rapport « Planète vivante », qui, tous les deux ans, prend le pouls de la biodiversité, en compilant l'ensemble des études scientifiques portant sur l'état de santé de 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces. Bilan : entre 1970 et 2012, les populations de vertébrés (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles compris) ont chuté de pas moins de 58 % ! Un déclin qui devrait atteindre les 67 % dès 2020, si rien n'est fait pour inverser la tendance.

L'impact du réchauffement climatique sur ces espèces reste cependant encore relativement marginal, la menace résultant pour l'essentiel des activités humaines ou des conséquences de celles-ci : dégradation des habitats naturels, surexploitation des espèces, pollutions diverses, influence des espèces invasives et des maladies. Dans le détail, les scientifiques observent un déclin de 38 % des animaux terrestres, de 36 % des espèces marines et de 81 % des amphibiens, victimes de l'importante régression des zones humides partout dans le monde.

L'humanité en danger

« Que la biodiversité poursuive sa chute et le monde naturel que nous connaissons aujourd'hui s'effondrera d'un seul tenant », prévient le directeur général du WWF International, Marco Lambertini, dans cet état des lieux. Or, « quand le vivant disparaît, c'est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée », avertit le directeur général du WWF France, Pascal Canfin. « L'humanité se met elle-même en danger (...) pourtant, il n'y a eu aucune réaction économique rationnelle », résume le WWF.

Pour mémoire, selon l'ONG Global Footprint Network, en 2016, l'humanité avait consommé la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an à la date du 8 août. Depuis et jusqu'au 31 décembre, elle vit, en quelque sorte, à crédit. En 2015, ce jour n'était survenu que le 13 août et, en 1970, que le 23 décembre ! Actuellement, pour maintenir son train de vie, l'humanité (7,4 milliards de personnes) a donc besoin de l'équivalent de 1,6 planète. À ce rythme, en 2050, lorsqu'elle aura atteint les 9,7 milliards d'individus, il lui en faudra deux ! Bien sûr, ce chiffre global cache des disparités régionales énormes puisqu'il faut, aujourd'hui, 5,4 planètes à un Australien, 4,8 à un Américain, 3 à un Français et 0,7 à un Indien…

C'est là qu'intervient ce qui est la seule véritable « bonne nouvelle » du rapport : l'empreinte écologique des pays riches a semble-t-il commencé à diminuer… de 5 %. Elle reste néanmoins très supérieure à la capacité de notre planète à se régénérer.

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