BRÉSIL, ASSASSINATS DES SDF POUR PRÉPARER LA COUPE DU MONDE 2014?

Le Foot déchaîne les passions c’est bien connu, mais la préparation de la coupe du monde au Brésil fait-elle perdre la tête aux autorités brésiliennes ? Le 4 avril dernier, j’avais déjà commenté les limites de la politique de « pacification » des favelas brésiliennes notamment à Rio. Cette fois-ci, la question est plus grave

Les villes choisies par la Fifa sont particulièrement surveillées. Après qu’une politique de la terre ait été conduite, caractérisée par l’expulsion de force des amérindiens vivant près du stade mythique le  Maracaña ; le journal El Pais rapporte que les rues brésiliennes seraient nettoyées des sans-abris pour accueillir les touristes de demain…

La recrudescence de ces meurtres, soulève la question du nettoyage social. En 2009, l’ONU a déjà mis en garde le Brésil sur ces possibles pratiques. Ces quinze derniers mois, 195 assassinats de sans-abris ont été répertoriés; le plus souvent, ils ont été brûlés. En 2011, les policiers ont déjà orchestré un véritable  «nettoyage humain» contre les sans-abri faisant 142 victimes. La Présidente Dilma Rousseff fraîchement élue à l’époque avait promis des mesures pour lutter contre ces meurtres… or, rien n’a sensiblement été fait.

Pourquoi ce nettoyage humain ?

Le Brésil entend ainsi probablement lutter contre son image de pays dangereux qu’on lui assimile facilement (À noter cette contradiction du pays tropical « ami de tout le monde » mais risqué). Il faut dire que le Brésil a une vieille tradition de violence, les homicides ont longtemps été considérés comme des conflits d’ordre privé.

Le développement du pays et l’attrait des grandes villes ont entraîné le grossissement des bidonvilles et les complications qui s’en suivent (augmentation du chômage, l’essor de la criminalité).
Selon l’Institut Brésilien de géographie et de statistique (IBGE), moins de 1,8 million de personnes vivent dans les rues et sur les places des villes, et moins de 25% des villes mettent en place des politiques adaptées pour ces personnes.

Pourtant, le taux d’homicide à Rio de Janeiro ou Sao Paulo est bien plus bas que Caracas au Venezuela, Washington aux Etats-Unis ou encore Récif au nord du Brésil qu’on passe facilement sous l’anonymat.

Le Brésil est le seul pays du monde où les deux corps de police (militaire et civile) peuvent enquêter dans une même affaire. Il y a ainsi une certaine rivalité entre les polices déjà gangrenées par la corruption. Certains états du Brésil (le Minas Gerais par exemple) accordent des primes aux hommes qui font preuve d’efficacité…

Le fond du problème ne vient-il pas de là ? Comment faire régner l’ordre et mener une politique sécuritaire stable dès lors qu’un habitant de Rio de Janeiro sur trois fait confiance à la police ?

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Charles Rassaert

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