Conflit en Syrie : durant leurs rafles, « les groupes armés violaient tout le monde », femmes et hommes

En Syrie, le viol est utilisé comme arme de guerre. Ce crime massif anéantit ses victimes oubliées. Si certains articles ont tenté de lever le voile sur ce tabou, très peu évoquent les viols perpétrés sur les hommes durant ce conflit.

Dans une opinion publiée par The Guardian, Sarah Chynoweth explique avoir fait des recherches sur le sujet dans le but d’en faire un rapport pour l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Son constat est terrifiant.

Arrivée à Erbil en octobre 2016, Sarah s’est rendue dans un camp de réfugiés pour leur demander s’ils avaient entendu parler de violences sexuelles envers les hommes en Syrie. Une question certainement trop évidente pour eux : « Oui bien sûr, c’est partout. Cela arrive de tous les côtés », lui a répondu un réfugié.

Que ce soit au Kurdistan irakien, en Jordanie ou encore au Liban, les réponses des réfugiés sont similaires et les témoignages bouleversants. Dans ces trois régions, une autre phrase est arrivée de nombreuses fois aux oreilles de Sarah : durant leurs rafles dans les maisons, « les groupes armés violaient tout le monde », femmes et hommes.

Des femmes ont également été interrogées, décrivant le changement de comportement des hommes violés, désormais incapables de travailler à cause de l’impact mental et physique de leur expérience. Dans un camp de réfugiés en Jordanie, un groupe de femmes a estimé que « entre 30 et 40% » des hommes présents dans ce camp avaient été victimes de violences sexuelles durant leur détention. « Personne n’a un membre de sa famille qui a été détenu et qui n’a pas été abusé sexuellement ». 117 000 personnes sont encore dans des centres de détention et 65 000 autres ont été forcés de disparaître.

L’enfer des réfugiés LGBT

Confrontés à une double stigmatisation – être réfugié et appartenir à une minorité -, la situation des réfugiés gays ou transgenres est encore pire. « Quand j’étais détenu en Syrie, j’ai été torturé de tous les manières possibles. Nous étions 80 personnes dans une seule cellule, sans aucune lumière pendant 30 jours. Nous étions tous nus. À la nuit tombée, ils nous pendaient à nos mains et torturaient nos organes génitaux avec de l’électricité », explique Tarek dans le rapport de Sarah. « Ils ont mis un bâton en moi… Ils venaient dans la cellule pour nous violer mais il faisait noir, nous ne pouvions les voir. Nous pouvions juste entendre les gens crier " Stop ! Mon anus saigne ". J’ai cru qu’on allait mourir ».

À la sortie de ces camps de détention, l’enfer n’est pas fini pour les personnes LGBT. Ils ont beau s’être réfugié dans un autre pays, l’insécurité et la violence sexuelle les poursuivent. Sans pouvoir en parler à la police de peur d’être arrêté pour « pratiques non-naturelles ».

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire

Vous devez être Connecté pour poster un commentaire.