« Conversations urbaines » sur Canal+ : Les confidences de Christiane Taubira à Michel Denisot (VIDEOS)

Un livre en préparation, un passage de relais soigneusement finalisé... Recueillies le 23 janvier dernier, les confidences de cette femme politique hors norme prennent un sens nouveau « à l'aune de sa démission surprise du gouvernement ».
Celle qui tweete aujourd'hui « Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir » se livre également sur son enfance, sa famille, les coups durs et les satisfactions, sans se départir de sa franchise et de son énergie habituelles, animée par l'envie de défendre comme toujours ses intimes convictions.

Sauf un court retour à sa nouvelle carrière d'ex-ministre, en fin d'émission, où Christiane Taubira fera sa seule vraie révélation politique, qu'elle ne se présentera pas à d'éventuelles primaires à gauche, Denisot parlera ensuite d'autre chose. Et c'est tant mieux : qu'on l'aime ou pas, quel que soit le regard qu'on pose sur son bilan, on sait maintenant pourquoi l'ancienne garde des Sceaux occupe une place aussi particulière dans la vie publique française.

Question de style, « grande gueule et verbe haut ». Comme quand elle s'insurge, alors qu'il lui est rappelé que quatre directeurs différents se sont succédé à son cabinet : « Je n'use pas, j'épuise », répond-elle, l’œil rigolard.

Ou qu'elle évoque les attaques dont elle a été la cible pendant ses quatre années de portefeuille, « même quand je ne dis rien ». Et ceux qui les portent, qu'elle renvoie fissa dans les cordes : « Ça ne peut pas être une fierté, en aucune façon. L'opinion de ces gens-là ne compte pas. Ça pose un problème qui a à voir eux, pas avec moi. »

Au hasard d'un plan dans une voiture, des passants l'arrêtent, pour lui dire leur admiration : les deux facettes de Christiane Taubira, détestée et menacée, ou aimée. « Les compliments, ça m'apporte du bonheur! » s'amuse-t-elle.

Pour finir, un cri d'amour, à son mari qu'elle a pourtant quitté, mais qu'elle aime toujours, et « quand j'aime, j'aime passionnément ». On la croit sans hésitation.

Et cette petit colère, la seule d'une heure où Christiane Taubira aura beaucoup ri, souri, se sera visiblement bien amusée, comme déjà libérée du poids de sa charge : quand Michel Denisot lui rappelle qu'elle a été accusée, en se présentant à la présidentielle de 2002, d'avoir fait perdre Lionel Jospin et propulsé Jean-Marie Le Pen au second tour.

Le temps de dire aussi que sa relation avec la presse et les médias relève de la déception amoureuse. « Tout y va mal vite », s'inquiète Christiane Taubira. C'est vrai, une heure, c'est court. On en sort néanmoins content d'avoir passé un bon moment avec elle, à défaut de la connaître mieux. Michel Denisot ne griffe pas assez, mais il est un hôte délicieux. C'est déjà ça.

Un portrait plein de sincérité donc, qui nous mène de la place de la République à Paris, symbole de l'hommage national aux victimes des attentats et à la liberté d'expression, à l'Assemblée nationale où ses discours ont souvent marqué les esprits, en passant par les jardins du Luxembourg ou encore la Sorbonne.

avec lexpress.fr

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