Le cardinal O’Brien avoue ses fautes et demande pardon pour avoir péché !

Il aura fallu une semaine tout juste pour que la chute du cardinal O’Brien soit complète et définitive. Le plus haut responsable de l’Eglise catholique au Royaume-Uni, accusé dimanche dernier par l’«Observer» de harcèlement et d’abus sexuels, avait démissionné dès lundi, sous la pression du pape. Ce dimanche, le prélat est revenu sur sa ligne de défense, qui consistait jusqu’à présent à contester les accusations, initialement formulées par quatre prêtres.

Spectaculairement, Keith O’Brien a décidé de reconnaître ses torts et de s’excuser. «Ces derniers jours, certaines allégations contre moi ont été rendues publiques. Initialement, leur nature anonyme et non-spécifique m’a conduit à les contester. Toutefois, je saisis cette opportunité pour admettre qu’il est arrivé que mon comportement sexuel soit en dessous des standards que l’on est en droit d’attendre d’un prêtre, d’un archevêque et d’un cardinal», avoue l’homme d’Eglise, selon un communiqué cité par le «Guardian». «Je demande pardon à ceux que j’ai offensés. Je prie également l’Eglise catholique et le peuple d’Ecosse de m’excuser. Je passerai désormais le reste de ma vie en retraite. Je ne jouerai plus aucun rôle dans la vie publique de l’Eglise catholique d’Ecosse», conclut le cardinal.
Un des accusateurs raconte: « J’ai eu l’impression que s’ils pouvaient m’écraser, ils le feraient »

Cet aveu prend de court ceux qui, au sein de l’Eglise catholique d’Ecosse, avaient tenté de minimiser les accusations formulées contre son ancien dirigeant. Mais il apparaît que Keith O’Brien n’avait guère le choix. Le cardinal avait été dénoncé par un cinquième prêtre, à propos d’un incident en 2001. Et l’«Observer» a révélé dimanche d’autres éléments embarrassants pour le dignitaire ecclésiastique mais aussi pour l’ensemble de l’Eglise. Un témoin évoque ainsi les «caresses» du cardinal, ses «baisers». «Il me disait à quel point j’étais spécial à ses yeux et combien il m’aimait», raconte-t-il. Dans une interview, l’un des accusateurs d’O'Brien explique avoir passé des jours difficiles depuis la révélation du scandale. «Il y a eu deux sensations pour moi cette semaine. L’une, c’était d’avoir les médias sur le dos, l’autre, la froide désapprobation de la hiérarchie ecclésiastique pour avoir osé sortir du rang. J’ai eu l’impression que s’ils pouvaient m’écraser, ils le feraient», confie-t-il.

L’«Observer» soulève un autre aspect de l’affaire, en s’étonnant de la célérité avec laquelle le cardinal O’Brien a été poussé vers la sortie -il ne prendra pas part au conclave qui désignera le successeur de Benoît XVI. Keith O’Brien avait, deux jours avant que le scandale n’émerge, affirmé être favorable au mariage des prêtres. Lui qui fût un temps plutôt libéral avait pourtant adopté les vues plus conservatrices en cour au Vatican, qualifiant notamment le mariage homosexuel de «folie». Pour l’hebdomadaire catholique «The Tablet», cité par le «Guardian», le revirement du cardinal qui avait juré en 2003 renoncer à ses positions les plus modernistes aurait particulièrement agacé le pape et son entourage.

A.G.

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