Le Lepista inversa, aussi appelé « champignon clitocybe inversé », prometteur contre des maladies génétiques

Il est tout juste comestible, d’aspect banal, ressemble d'ailleurs à certains de ses congénères toxiques, mais il possède des molécules qui, en laboratoire, ont pu notamment guérir des cellules de patients atteints de mucoviscidose.

Les chercheurs français de l’Inserm, du Muséum national d’Histoire naturelle, du CNRS et de l’Université de Lille et de l’Institut Pasteur de Lille 1 ont récemment publié une étude dans la revue scientifique PLOS One. Ils ont analysé plus de 164 échantillons (champignons et algues) extraits de la chimiothèque du Muséum national d’Histoire naturelle, et ont eu la surprise de voir que des concoctions du clitocybe inversé étaient capable de restaurer très efficacement l’expression de gènes humains présentant des mutations sur des cellules en culture.

Les auteurs ont souhaité confirmer leur découverte en étudiant les effets de décoctions préparées avec des champignons cette fois fraîchement cueillis en Ile-de-France (dans le Bois de Vincennes, en lisière de Paris, et dans le parc du Sausset, à Villepinte), rapporte Le Figaro. Elles se sont elles aussi montrées capables de restaurer l’expression des gènes dont la mucoviscidose avait entraîné la mutation.

« Quand on sait qu’il suffit de restaurer 5% de protéines fonctionnelles dans la mucoviscidose pourrait avoir un impact sur les conséquences de la maladie, ces travaux sont extrêmement encourageants », estiment les auteurs, qui précisent que cette stratégie pourrait permettre de soigner sans avoir à modifier l’ADN des patients.

« Cette découverte est porteuse d’espoir car ce champignon, bien que non prisé pour ses qualités gustatives, est comestible ; il est de plus très courant - il pousse en Ile-de-France et dans diverses régions de France et d’Europe », explique Fabrice Lejeune, chercheur à l’Inserm et l’un des auteurs de ce travail. « Mais les étapes pour aboutir à une réelle stratégie thérapeutique sont encore longues. Il faudra encore que l’on arrive à purifier les molécules d’intérêt présentes dans cet extrait puis à les tester in vivo pour contrôler leur efficacité sur le long terme et l’absence de toxicité. »

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