Le parlement russe vote la dépénalisation de « violences domestiques » sous l’impulsion de la députée à l’origine de la loi anti-gay

Selon les statistiques fournies par le gouvernement russe, « 36.000 femmes sont agressées par leur partenaire chaque jour et 26.000 enfants sont battus par leurs parents chaque année. » Les députés de la Douma ont pourtant voté ce jeudi 12 janvier, et à la quasi-unanimité (368 pour, un contre et une abstention), un texte visant à décriminaliser les violences domestiques, rapporte The Moscow Times.

Portée par la sénatrice ultra-conservatrice, Yelena Mizoulina, qui entend ainsi « préserver la tradition de l’autorité parentale », cette nouvelle initiative supprimerait les accusations de « violences au sein de familles » du code criminel russe pour le réduire au titre d'une infraction administrative. Les charges criminelles n'existeraient que si les coups se produisent plus d'une fois par an.

« On ne veut pas de gens emprisonnés pendant deux ans et catalogués comme des criminels pour le reste de leur vie, pour une simple gifle », a ainsi déclaré la députée, estimant dans son discours d'ouverture que la criminalisation des violences domestiques est « une mesure anti-famille ».

« Les punitions ne sont pas contraires aux valeurs sociales de notre société. Dans la culture familiale traditionnelle russe, les relations parent-enfant sont construites sur l'autorité du pouvoir des parents ... Les lois devraient soutenir cette tradition », malgré les 40 % de crimes violents commis dans le cercle de la famille.

La députée, par ailleurs présidente de la commission parlementaire des Affaires familiales, était déjà à l'origine en 2013 des lois controversées contre la « propagande gay » et d'une proposition en 2015 pour limiter les IVG aux seuls établissements publics, « à condition de risques avérés pour la vie de la femme enceinte. »

Anne V. Besnard
stophomophobie.com

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