Lutte contre le réchauffement climatique : “il va falloir mettre en œuvre de réelles actions dès l’année prochaine !”

La COP23 vient de s'achever et un sommet climat est prévu à Paris le 12 décembre. L’année 2018 s’annonce chargée pour les négociateurs climat. L’ONU le martèle : il va falloir mettre en œuvre de réelles actions dès l’année prochaine. Mais les promesses ont du mal à se concrétiser.

Nicolas Hulot lui-même en fait l’aveu. Pour le ministre français de la Transition écologique, le bilan de la COP23 est "en demi-teinte". Certes, ce sommet climatique était présenté comme une COP de transition, très technique, dont il ne fallait pas attendre d’avancées spectaculaires. De ce point de vue là, elle a tenu ses promesses. Il fait tout de même mettre à l’actif de la présidence fidjienne un plan d’action en faveur de l’égalité des sexes ( avec la nécessité de lancer des programmes d’éducation des filles premières victimes du réchauffement climatique) et un programme de travail sur l’agriculture. Quelques avancées sur les peuples autochtones et les océans également.

Manque de volonté politique

Pour le reste , la volonté politique a clairement fait défaut, malgré le "il sera bientôt trop tard" de quinze mille scientifiques à l’ouverture de la conférence. Le thermomètre planétaire s’affole : la trajectoire actuelle est plutôt de plus 3°C d’ici 2100 ! Mais face à l’urgence climatique, plus que jamais mise en avant à Bonn, après une année 2017 marquée par des incendies, des cyclones, des inondations record, les pays riches sont venus avec des beaux discours mais les mains vides. Et ils remettent à plus tard des décisions adaptées à la situation. On le sait depuis l’adoption de l’accord de Paris voté il y a 2 ans : le fossé entre les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre annoncés en 2015 et le niveau qu’ils devraient atteindre pour contenir le réchauffement climatique en deçà des 2 °C est abyssal.

Les négociateurs se sont donnés un an de "dialogue" qui devra se solder par un bilan collectif de leurs émissions de gaz à effet de serre avant de revoir leurs engagements à ce stade très insuffisants.

Peu de progrès

Les règles de mise en œuvre de l’accord de Paris sur le contrôle de l’action des pays ou quel suivi pour l’aide financière promise par les pays les plus riches ont été seulement esquissées. Peu de progrès et beaucoup de travail remis à l’année prochaine.

Rien n’ayant été tranché sur le fond , il faudra le faire au plus tard durant la COP 24 programmée en décembre 2018 à Katowice, en Pologne.

Une fois de plus, la question des financements a été source de tension entre pays riches et pays vulnérables. Ces derniers dénoncent le manque de visibilité sur des promesses faites il y a plusieurs années comme les 100 milliards de dollars annuels promis à partir de 2020. Quelle part d’argent public, privé ? Le sommet climat de Paris le 12 décembre prochain lancé par Emmanuel Macron pourrait lever un coin du voile. Et offrir, espèrent les ONG, une séance de rattrapage aux pays riches pour dévoiler leurs engagements financiers.

Dans ce domaine, le retrait américain de l’accord de Paris, qui n’est pas encore effectif, se fait sentir. Les États-Unis , deuxième pollueur de la planète, était un gros contributeur à la lutte contre le réchauffement climatique.

Autre conséquence du retrait engagé par Donald Trump et mesurée à Bonn : la lutte contre le réchauffement climatique manque désormais de leadership. Surtout, le désengagement des USA pose un problème de justice et d’équité, quand il s’agit d’un sujet où une solidarité internationale est indispensable.

Ni l’Union européenne, divisée en interne, ni la Chine, premier pays pollueur au monde, qui doit encore faire la démonstration de son ambition climatique en interne, n’ont montré à Bonn leur intention de prendre le leadership climatique.

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