Ondes gravitationnelles : Les « vibrations de l’espace-temps » prédites par Einstein ont été détectées (VIDEO)

 

Au départ, ce n'était qu'une folle rumeur. Un message posté le 11 janvier sur Twitter par le cosmologiste Lawrence Krauss, de l'université d'Arizona State : « Mes dernières informations au sujet du Ligo ont été confirmées par des sources indépendantes. Restez branchés ! On a peut-être découvert des ondes gravitationnelles !! Excitant. » Retweeté plus de 1 900 fois, le tweet du cosmologiste a fait le tour de la planète science, s'attirant une volée de réactions sceptiques tant la nouvelle était à peine croyable. Mais, désormais, la découverte est quasi officielle : des physiciens sont parvenus à détecter des ondes gravitationnelles.

« Si l'information est confirmée, c'est l'une des plus importantes découvertes scientifiques de notre temps. À mon avis, plus importante encore que celle du boson de Higgs ! » explique au Point Catherine Bréchignac, secrétaire perpétuelle de l'Académie des sciences. « La preuve que nous disposons maintenant d'un appareil capable de mieux comprendre l'infiniment grand. Nous n'allons plus nous contenter de regarder les étoiles, mais voir à l'intérieur d'elles, car ces ondes pénètrent la matière au seuil de laquelle la lumière s'arrête. »

Chevilles de la théorie d’Einstein sur la relativité, les ondes gravitationnelles sont des ondulations de l’espace-temps se propageant à la vitesse de la lumière. Pour simplifier, l’espace-temps peut-être comparé à un drap tendu sur lequel sont posés tous les astres. L’onde gravitationnelle est le mouvement du drap lorsque l’on dépose un peu violemment un nouvel objet dessus, comme les vaguelettes qui se forment en cercles concentriques après un lancer de caillou.

Ces ondes se déplacent à la vitesse de la lumière et plissent l’espace-temps, éloignant ou rapprochant entre eux les objets célestes. Il en existe deux types : les primordiales, qui datent du big-bang, et les autres, créées par des événements de moindre importance (comme la rencontre de deux trous noirs), mais impliquant tout de même pas mal d’énergie.

Des tunnels de 3 kilomètres ont été construits en forme de coude pour accueillir des « interféromètres » aux Etats-Unis (Ligo) et à Pise en Italie (Virgo). Un laser, séparé en deux faisceaux, est envoyé dans ces tunnels et réfléchi plusieurs fois par des miroirs. Si une onde passe par là, elle va troubler l’un des deux faisceaux et ils n’arriveront pas au même moment. Ce sont les chercheurs responsables du Ligo, aux Etats-Unis, qui doivent publier leurs résultats jeudi.

Pourquoi les traquer ?

En plus d’une nouvelle confirmation des théories d’Einstein (1916), l’analyse de ces ondes donnerait naissance à l’astronomie gravitationnelle, ouverture vers de nouvelles informations sur l’univers. « A l’inverse de la lumière électromagnétique , la lumière gravitationnelle n’est pas absorbée par la matière ; issue de sources lointaines, elle peut parvenir à la Terre en conservant toute l’information sur la configuration des sources qui l’ont engendrée », écrit l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet dans le Destin de l’univers (Gallimard).

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