PMA : un manifeste des « incohérences » de la politique d’aide à la procréation en France

 

« Nous médecins, biologistes, reconnaissons avoir aidé, accompagné certains couples ou femmes célibataires dans leur projet d’enfant dont la réalisation n’est pas possible en France », écrivent 130 médecins et biologistes dans une pétition publiée par le quotidien Le Monde daté du vendredi 18 mars.

Réunis sous l'égide du gynécologue René Frydman, père d'Amandine, premier bébé-éprouvette français, ces professionnels de la santé, parmi lesquels figurent notamment les professeurs François Olivennes et Israël Nisand, réclament notamment l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes alors qu’elle est actuellement réservée aux couples hétérosexuels infertiles.

« Le don de sperme pour une femme célibataire, sans préjuger de son mode relationnel actuel ou futur, homo ou hétérosexuel, est une interdiction qui nous paraît devoir être levée puisqu’une femme célibataire est reconnue dans ses droits pour élever ou adopter un enfant », écrivent-ils.

Alors candidat à la présidentielle, François Hollande avait présenté ses soixante engagements qui comprenaient l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels (engagement 31), mais ne mentionnait pas la PMA. Toutefois, durant la campagne, il s’y était déclaré « favorable » dans un entretien au mensuel Têtu. Cette mesure a cristallisé les débats lors de la présentation du projet loi sur le mariage pour tous, avant d’en être enterrée.

Les médecins demandent également que les femmes puissent congeler leurs ovocytes en vue d’une grossesse ultérieure, une possibilité qui existe déjà dans des pays comme l’Espagne, la Grande-Bretagne ou la Belgique.

En France, en revanche, l’autoconservation n’est autorisée que si la femme présente une pathologie à risque pour sa fertilité, comme un cancer nécessitant une chimiothérapie, ou si elle souhaite donner une partie de ses ovocytes. Alors même que les hommes, soulignent les auteurs, peuvent conserver leur sperme en paillettes « dans tout laboratoire de ville agréé ».

Parmi les autres « incohérences », ils relèvent l’interdiction de l’analyse génétique de l’embryon avant son implantation dans l’utérus alors que « l’analyse du risque chromosomique fœtal est autorisée aux femmes enceintes qui le souhaitent après quelques semaines de grossesse, dans le cadre du dépistage anténatal ». Une telle autorisation permettrait, selon eux, d’éviter de nombreux « échecs prévisibles », souvent « sources de déception, de complications et d’une multiplication de prises en charge coûteuses ».

Plan contre l’infertilité

Ils préconisent enfin la mise en place d’un « véritable plan contre l’infertilité » pour développer une prévention « qui fait cruellement défaut » et qui permettrait d’informer « sur l’effet inexorable de l’âge », mais également sur les conséquences de l’obésité, des addictions ou de l’environnement polluant.

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