Les femmes du bus 678 de Mohamed Diab

Le film a failli être interdit en Égypte, il a essuyé quantité de procès, le metteur en scène a reçu des tas de menaces de mort, et au final, il a tellement attiré les foules et généré des millions de dollars de recettes qu'il en est désormais la figure de proue contre le harcèlement sexuel, et une véritable bombe d’auto-défense !

C'est l'histoire de trois femmes, de trois milieux différents qui en ont marre de se faire tripoter par des Messieurs, à chaque fois qu'elles prennent le bus. Et, elles décident de punir leurs agresseurs :

[youtube]http://youtu.be/eDhg5VY5Yh4[/youtube]

A l'origine : Une salle d’audience d’un tribunal du Caire en 2008. Premier procès, en Egypte, pour harcèlement sexuel. La plaignante, Noha Rushdi, se fait moquer par l’avocat de la défense. Elle a eu le courage de témoigner !

Mohamed Diab était présent : « C’est à ce moment là que j’ai décidé de réaliser “Les Femmes du bus 678”. Pour que cet avocat comprenne ce que vivent les femmes. »
Elles seront trois à incarner « les » femmes Égypte : Fayza des quartiers populaires, Seba la bourgeoise, Nelly, tête brûlée. Toutes les trois victimes d’une agression sexuelle.

Il précise : "Dans Les Femmes du bus 678’, chaque mot, chaque phrase, a déjà été prononcé."

Un cercle vicieux

En Égypte, les harcèlements sexuels concernent 83% des Egyptiennes, et 98% des femmes étrangères de passage. Le scénariste égyptien s’est inspiré des groupes thérapeutiques qui réunissent des femmes ayant été attaquées.
Selon lui, un cercle vicieux caractérise la société égyptienne :
- les hommes n’ont pas conscience de la gravité de leurs actes ;
- honteuses, les femmes n’iront jamais avouer avoir été agressées ou violées ;
- les frères ou maris, s’ils apprenaient une telle chose, se sentiraient comme des "sous-hommes".

Un fondement culturel, propre à l’Egypte ?!

Mohamed Diab en est conscient : le procès auquel il a assisté en 2008, comme son film, ne sont que des étapes vers un changement en profondeur des mentalités.

“Des femmes m’ont affirmé qu’elles ne se laisseraient plus faire ; des hommes m’ont affirmé qu’ils avaient pris conscience.”

Mohamed Diab a confiance dans la nature humaine : pour lui, les hommes ne sont pas mauvais, ils ont simplement, en tête, “de mauvaises images, des clichés”.
Mais il en veut aux médias occidentaux qui font le lien entre les agressions sexuelles et la religion musulmane : “Ce phénomène arrive aussi en Inde et au Mexique, des pays non-musulmans. Cela s’explique par exemple par la pauvreté ou la densité de population, très forte au Caire. Ce n’est pas un fondement religieux mais un fondement culturel, propre à l'Égypte.”

2 réponses

  1. Tout d’abord félicitations pour ces remarques, à la fois éclairantes et posées. Sans critiquer, 2 ou 3 passages auraient supporté davantage de développement, par exemple dans la conclusion. C’est juste un moyen de dire que je suis impatient de lire le prochain billet!

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