Une personne LGBT assassinée toutes les 25 heures au Brésil, selon le « Groupe Gay de Bahia »

Un couple d'enseignants retrouvé brûlé dans le coffre d'un véhicule à Santa Luz. Un homme de 34 ans, écartelé à Porto Velho. Un autre tué de 80 coups de couteau près de Belém, dans le nord. Un suivant jeté du haut d'un immeuble. Une ado de 14 ans crucifiée sur le bord d'un lac. Et un homme trans poignardé puis trainé en voiture sur des kilomètres par ses bourreaux...

Le « Groupe Gay de Bahia » (GGB), qui milite pour les droits des LGBT+ au Brésil depuis 1980, vient de publier son rapport annuel : 343 décès d'homosexuels et personnes transgenres, dont 12 alliés hétérosexuels tombés en raison de leur proximité avec la communauté.

Des chiffres alarmants mais sous-estimés, puisque recueillis pour l'essentiel dans les médias, sur Internet ou via des témoignages et informations personnelles, souligne l'association. Aucune autre statistique ni donnée officielle n'est disponible, même auprès de la police. Les crimes et suicides motivés par les préjugés et la haine anti-LGBT ne sont pas reconnus.

La majorité des victimes sont des gays, entre 19 et 30 ans, soit 32% des 173 répertoriés. Le plus jeune avait 10 ans, le plus âgé 72. Les moins de 18 ans représentent plus de 20% des cas, les séniors, 7,2%.

Neuf fois plus vulnérables qu'aux États-Unis, qui enregistrent 21 meurtres de Trans en 2016, le Brésil en compte 144 pour mort violente. Suivis des lesbiennes (10) et homicides de bisexuels (4).

Seulement 10% de ces tueries aboutiront à une procédure judiciaire, avec l'identification de l'agresseur dans 17% des cas. Au moins la moitié d'entre eux connaissaient leur victime, assassinée pour 13% par des membres de la famille.

Statistiques sordides. Avec le renforcement de la vague réactionnaire dans le pays et cette absence d'évolution dans les politiques publiques, le GGB ne semble guère plus optimiste pour 2017. Au mois de janvier, l'association a constaté 23 nouveaux décès.

Terrence Katchadourian
stophomophobie.org

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