Urgence humanitaire en Syrie : l’ONU dénonce des « atrocités » à Alep, sur le point de tomber

La résistance d'Alep ne tient plus qu'à un fil. Lundi 12 décembre, les forces syriennes du régime de Bachar Al-Assad étaient sur le point de reprendre le contrôle total de la deuxième ville du pays, après quatre semaines d'une offensive de violence inouïe pour chasser les rebelles. Dans ces conditions, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est alarmé d'informations faisant état d'atrocités « contre un grand nombre » de civils, dont des femmes et des enfants.

« Tout en soulignant que les Nations unies ne peuvent vérifier de manière indépendante ces informations, le secrétaire général souhaite transmettre ses grandes inquiétudes aux parties concernées", a déclaré Stephane Dujarric. Ban Ki-moon a demandé à son envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, de se pencher sur ces informations. « Les Nations unies soulignent l'obligation pour toutes les parties sur le terrain de protéger les civils en se conformant aux règles humanitaires internationales », a ajouté Stephane Dujarric. « C'est en particulier la responsabilité du gouvernement syrien et de ses alliés », notamment la Russie et l'Iran, a-t-il aussi noté.

Pire revers depuis le début de la guerre

Alep était lundi sur le point de tomber aux mains du régime et de ses alliés après quatre semaines d'une offensive dévastatrice contre les rebelles. En perdant ses dernières positions à Alep, la rébellion va essuyer son pire revers depuis le début de la guerre en mars 2011. La reconquête totale de la ville offrira au régime le contrôle des cinq principales villes de Syrie avec Homs, Hama, Damas et Lattaquié. De leur ancien bastion d'Alep-Est qu'ils contrôlaient depuis 2012, les insurgés ne tiennent plus que deux principaux quartiers, Soukkari et Al-Machad, en plus d'une poignée de petits secteurs, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

« La bataille d'Alep touche à sa fin », a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, en parlant du principal front de ce conflit syrien qui a fait plus de 300.000 morts et déplacé au moins la moitié de la population. En soirée, du côté ouest d'Alep aux mains du régime, d'intenses tirs de célébration ont été entendus par des journalistes de l'AFP. La télévision d'État montrait elle des scènes de liesse dans le même secteur. Dans le sud de la métropole ravagée, les frappes aériennes et les tirs d'artillerie se poursuivaient sur le dernier réduit rebelle, alors que les civils continuaient de fuir, aggravant une situation humanitaire déjà catastrophique.

Au moins 130.000 habitants d'Alep en exil

La semaine passée, les Nations unies avaient fait état de la disparition de centaines d'hommes qui tentaient de fuir la ville assiégée. Plus de 10.000 civils supplémentaires ont fui les zones rebelles ces dernières 24 heures pour rejoindre des secteurs gouvernementaux, portant à 130.000 de nombre des habitants ayant fui l'offensive, a ajouté l'ONG. En quatre semaines, l'opération militaire a coûté la vie à plus de 415 civils à Alep-Est selon l'OSDH, tandis que 130 civils ont été tués par des tirs rebelles dans l'ouest de la ville.

Comment la communauté internationale peut-elle supporter tout ça ?

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