Que vont devenir les droits des femmes dans la société américaine avec un Donald Trump pour président ?

Depuis le début de la campagne, le milliardaire s'est affiché entouré de femmes durant ses meetings : Melania, son épouse, ses filles Tiffany et Ivanka, et ses deux belles-filles, Vanessa (femme de Donald Junior) et Lara-Lea (femme d'Eric Trump). Il les méprise mais semble y puiser son assurance.

Cette idée toutefois de la femme "trophée" qui suit son mari ou patriarche, a fini par déranger. Il estime par ailleurs qu'il faut les traiter "comme de la merde".

Interrogé sur le harcèlement sexuel et ses réactions dans l'éventualité que l'une de ses filles en soit victime, il a suggéré "un changement de carrière ou une autre compagnie". En 2004, il déclarait déjà que la grossesse n'était pas "opportune au travail".

Lors d'un débat face à Hillary Clinton, il est allé jusqu'à comparer l'avortement à "une césarienne" (grand connaisseur !), affirmant que seul l'embryon avait "un droit fondamental à la vie qui ne peut être enfreint". Il envisageait en outre une punition pour les partisanes de la contraception, avant de se rétracter devant la controverse, suggérant finalement des peines pour les médecins qui pratiquaient l'avortement.

Pour gagner l'électorat féminin, sa fille Ivanka est intervenue plusieurs fois afin de tempérer les propositions de son père, sur le congé maternité notamment, qui n'existe pas aux États-Unis (six semaines payées comme une indemnité chômage), et les accusations de misogynie. A Cleveland, elle a assuré que dans la compagnie Trump, "il y avait plus de femmes cadres que d’hommes, payées autant pour les mêmes fonctions". Dans un autre spot de campagne, elle se réjouissait d'être mère : "le job le plus important qu'une femme puisse espérer".

Ces partisanes de Donald Trump détestent principalement Hillary Clinton, "la diabolique", et militent pour le port d'armes. Et peu importe son programme discriminatoire ou qu'il se targue d'attraper les femmes "par la chatte", cet homme-là, est pour toutes : l'incarnation de l’Amérique profonde, quand bien même anti-establishment, raciste et sexiste.

Son premier discours se voulait fédérateur et dépassionné, mais ses menaces maintes fois répétées sont bien assumées. Un homme capable de menacer son adversaire d’emprisonnement, en appelant à son meurtre s’il avait tout pouvoir, est une véritable bombe qui pourrait prochainement nous atteindre.

Il faut entendre ses électeurs, ces déclassés, dégoûtés d’une classe politique vérolée par les scandales, verrouillée par une élite qui ferme la porte aux sans voix, pour ne pas dire aux "sans dents", ceux qui, pour échapper à la pluie, se sont jetés dans la mare.

Cette opinion-là, celle qui disparaît des sondages, celle qui grandit dans les mouvements citoyens, celle qui veut tout casser pour reconstruire, elle existe aussi en France. Elle ne se reconnaît ni dans la gauche, ni dans la droite, ni dans l'intelligentsia politique et médiatique, qui pense parfois encore donner le "la". Faire entendre la voix de cette opinion, c'est prévenir l'arrivée du Front national dans quelques mois.

Anne V.Besnard

"N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant." - Simone de Beauvoir

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